Vallée du Couesnon

Le Couesnon

Chacun sait que le Couesnon se jette aux pieds du Mont-Saint-Michel. Mais avant d’atteindre la baie, le fleuve fait don de son caractère sauvage à celui qui sait, en empruntant chemins et sentiers, sillonner sa vallée et ses coteaux.

Le Couesnon et ses affluents que sont la Minette, l’Aléron ou encore le Moulinet, ont creusé dans le granit un paysage accidenté aux vallées profondes, versants escarpés, promontoires abrupts, surplombs rocheux…boisés de feuillus ou de pins, soudainement entrecoupés, dans un passage moins étroit, de douces prairies vertes et grasses.
Mais les bords du fleuve recèlent encore bien d’autres trésors !

Les Mines de Brais

En d’autres régions, la mine appartient au paysage. Mais ici, une telle présence ne peut qu’étonner et aiguiser la curiosité. Au pays du granit, ce coteau de la Minette flanqué de vestiges de machineries, de laveries disposées en gradins et autres silos ; ce plateau occupé par des cités façon coron, avec jardins ouvriers, sont du plus étrange effet.     D’autant plus que cet ensemble contraste avec Brais, village de pierres et d’ardoises, situé à quelques centaines de mètres seulement.

Du plomb, de l’argent, du zinc et du fer sont principalement extraits de la mine de Brais. L’exploitation de la mine est très chaotique : entre 1879, date de son ouverture, et 1951, la mine ne fonctionne que pendant 35 ans. Quatre fois, elle est fermée par la baisse des cours des métaux, pendant des périodes parfois longues de dix ans. Des difficultés financières et le coup d’eau fatal du 22 mars 1951 font cesser définitivement les activités.

Les couleurs du Pays ...

Des vergers, des pommes et du cidre

« C’est l’automne, la saison où, sous un soleil refroidi, chacun recueille ce qu’il a semé. » (Barrès). D’octobre à décembre, le pays se pare d’un semis de taches rouges-orangées sur fond vert et brun mordoré. C’est que la pomme à cidre fut ici une des principales sources de revenus des agriculteurs. Nombre d’entre eux payaient la location de leur ferme avec cette récolte.

Jusqu’aux années vingt, la production part des gares de Tremblay et de Montreuil-sur-Ille vers les distilleries de la région. Mais, ne suffisant pas à absorber toute la récolte, la construction d’une usine s’impose. Des fermiers forment une coopérative et une distillerie est construite à Sens de Bretagne en 1927. Elle produit jusqu’en 1965 malgré les difficultés financières, les mauvaises récoltes et le monopole de l’Etat sur les alcools. Depuis, beaucoup de vergers ont disparu, mais ils sont encore nombreux à fleurir au printemps, rougir en automne et … à produire du cidre.

 

Des maisons de pierre et de terre

Pendant de nombreux siècles, le transport est resté onéreux et malaisé. Aussi trouve-t-on les matériaux de construction sur place. Les substrats géologiques étant variés, le bâti de la région l’est tout autant.

Aux constructions de granit que l’on retrouve partout en Bretagne, il faut ici ajouter celles de grès et celles de bauge.

Ces dernières sont de couleurs relativement uniformes et varient du gris blanchâtre à l’ocre jaune. L’aspect des murs est plus ou moins net selon que la ‘purge’ (ou tri des pierres), a été soigneusement faite ou non.

Quant aux pierres, rien au premier coup d’œil ne les distingue. Mais, lorsque le regard accroche leurs surfaces, des textures différentes se dévoilent : le grès, plutôt lisse, est teinté de larges taches rousses, jaunes, et blanches d’où surgissent des paillettes argentées ; le granit, quant à lui, est plutôt granuleux et moucheté de cristaux noirs brillants, blancs nacrés et bleutés ou ocres.

La Bauge

Au cours des siècles les maisons de terre ont peu évoluées. Le matériau de base est resté le même (un mélange de terre argileuse et de pailles, que l’on monte à la fourche sur le mur) et sa forme allongée a perduré. Cependant, certains éléments permettent de dater rapidement la construction.

Au XVIIème siecle
Le toit est de chaume et il est pentu (plus de 50 °), les murs sont épais (70 à 80 centimètres). Les poutres sont massives. Les ouvertures sont petites et la période étant agitée, elles sont protégées de grilles de fer ou de barreaux de bois.

Au XVIIIème siecle
L’ardoise et le vitrage apparaissent, les fenêtres sont un peu plus grandes et on supprime les grilles qui n’ont plus d’utilité.

Au XIX ème siecle
Elles sont les plus fréquentes et les transformations sont plus importantes : le toit est beaucoup moins pentu (35°) et le zinc est utilisé pour l’étanchéité des couvertures d’ardoise. Les fenêtres à six carreaux se généralisent. Au milieu du siècle, les briqueries locales se développent et les pierres ou carreaux de terre cuites dans les entourages de portes et fenêtres sont remplacées par des briques pleines.

Le XXème siècle
Il voit les murs rétrécir à 50 cm d’épaisseur en moyenne. L’encadrement en briques pleines est banalisé et on utilise de nouveaux matériaux comme le parpaing, les tuiles à emboîtement ou le béton. On ne construit plus de maisons de terre depuis le milieu des années 1950.

Des moulins

Dès le XI ème siècle, les eaux du Couesnon sont utilisées pour moudre le grain. La première installation date de 1030 : des villageois cèdent un terrain à des moines de l’abbaye de Marmoutier sur lequel ces derniers bâtissent un moulin. En échange, les paysans sont exemptés de tailles et ne payent que le droit de mouture. Le moulin aux Moines a toujours été occupé par des meuniers. Mais les autres, la dizaine d’autres qui s’égrène le long du Couesnon, tirent profit de la faible teneur en chaux de ses eaux pour fabriquer du papier.

La matière première est constituée de chiffes dont on desserre les fibres par pourrissage. Celles-ci sont ensuite séparées les unes des autres par ‘défibrage’ : le matériau est placé dans une pile (bac) à maillets régulièrement alimentée en eau pour produire la pâte à papier. Après avoir étendu la préparation, elle est pressée puis séchée. La feuille obtenue subit encore un encollage pour la renforcer, un second pressage et enfin un lissage destiné à écraser le grain du papier.